mercredi 26 janvier 2011

30 - REFLEXIONS SUR L’INTELLIGENCE ECONOMIQUE


Par Clark G.KHADIGE, dba, desg


L'intelligence économique qui se définirait comme l'aboutissement, l'organisation des diverses disciplines liées à la recherche et à la gestion de l'information dans le but de cerner précisément l'environnement concurrentiel de l'entreprise. Mais pour beaucoup, IE est synonyme d'espionnage industriel puisque la collecte d'information utilise tous les moyens légaux et illégaux possible.

Il est, cependant nécessaire, sinon primordial, de rappeler la place et l'importance prise par l'information dans la vie de l'entreprise. Collecter, rechercher, approfondir et diffuser sont des actions constantes qui se sont accrues tant en volume, qu'en diffusion et qu'en rapidité d'acquisition parce que les marchés  s'ils n'évoluent pas, ni ne régressent drastiquement, restent quand même en constant bouleversement. C'est ce bouleversement des données composantes qui sont la source principale des informations dont a besoin toute entreprise et qui se retrouvent au cœur du concept stratégique de la pensée managériale.

Au-delà de cette activité de réunion et de collecte d'éléments informatifs, il reste à l'entreprise à pouvoir gérer leur flux incessant. Il s'agit d'identifier ce qui est nécessaire, valable, important et prioritaire. Il faut donc catégoriser, sélectionner, organiser et traiter. Ainsi, l'intelligence économique permettra de formuler un certain choix stratégique et concevoir, en conséquences directes, des alternatives immédiatement disponibles et applicables. La nature même de ses activités ouvre la porte à la prise de conscience d'enjeux décisifs que seule une investigation approfondie des environnements concurrentiels, de leurs facultés d'adaptation, de leur flexibilité et de leurs mouvements incessants, permet de connaître.

Quand on pense intelligence économique, on pense d'abord matière grise, c'est-à-dire réflexion, analyse et résultats et ensuite application sur des enjeux et objectifs économiques. On ouvre alors aussi une porte vers le jeu des influences[1]. Ainsi, la Communication, et les moyens technologiques dont elle dispose, a profondément modifié la nature de l'environnement de l'entreprise.  Une compétitivité accrue, exacerbée par le développement du renseignement à usage économique, et associée à une gestion en temps réel des sources mondialisées d'information, conduit les acteurs économiques internationaux à une nécessaire adaptation[2].

Pour diffuser les informations avec le plus d'efficacité possible, les chefs d'entreprises qui se sont penchés sur le problème de l'efficience de la Communication, ont opté soit pour le développement des ressources humaines à travers la formation, le training, les séminaires de perfectionnement et les réunions d'analyses communes, soit en tentant l'échange d'informations entre les membres des équipes, puis entre les équipes elles-mêmes,  soit encore entre les entreprises d'un même groupe, (holding ou association professionnelle).
Dans cet ordre de choses, les entreprises doivent faire face à des problèmes nouveaux :
Ø  L'échange d'informations entre les membres d'une même équipe bute sur la nature humaine : comment le créer entre gens qui ont des difficultés à s'entendre du fait de différences culturelles, professionnelles, personnelles, ethniques et religieuses ?
Ø  L'échange d'information entre équipes soulève un autre problème : celui de la compétitivité et de la concurrence voulue au sein d'une même entreprise. Ajoutons aussi que, souvent, la réticence à cet échange est causée par la propre expérience de chacune des équipes et que la perception et l'approche des problèmes et situations est différente de l'une à l'autre.
Ø  L'échange d'informations entre entreprises au sein d'un même holding est d'autant plus compliqué, puisque la plupart du temps ces entreprises ont des activités différentes et que leur analyse des facteurs économiques, sociaux, culturels et politiques est dépendante de l'état environnemental où elles opèrent.

Quel que soit le type d'échange il est impératif de pouvoir créer des outils efficaces de gestion adaptés à l'IES, l'intelligence économique stratégique[3].

L'intelligence économique stratégique pourrait donc se définir comme un ensemble d'actions coordonnées de recherche, de traitement, de distribution et de protection de l'information utile aux acteurs économiques, et obtenues en toute légalité. Elle implique donc de :
Ø  S'informer par tous les moyens donc, comprendre l'environnement pour mieux agir,
Ø  Appréhender les stratégies des concurrents pour anticiper sur les marchés du futur et prendre les meilleures décisions.
Elle prolonge les différentes actions de la veille et de protection du patrimoine en intégrant précisément les stratégies d'influence et les réalités culturelles liées à chaque entreprise, à chaque région[4]. 
Pour l'AFDIE (Association Française pour le Développement de l'intelligence économique – 1996), l'intelligence économique est :
 « Une dynamique de construction collective fondée sur la conviction et la responsabilité de tous, qui consiste en l'appropriation de l'information en vue d'une action économique, immédiate ou ultérieure. Fondée sur le principe de coordination, elle s'accompagne d'une évolution profonde de la culture d'entreprise et de la capacité de construire l'avenir face à des évènements incertains. Elle permet de tirer parti des avantages stratégiques pour construire un avantage concurrentiel performant durable».

LE CONCEPT DE L'INTELLIGENCE ECONOMIQUE

L'intelligence économique est « La capacité dynamique d'un ensemble d'acteurs économiques – au service d'un intérêt communautaire – à maîtriser collectivement l'information utile à la pérennité et au développement de l'entreprise, ainsi que de chacun de ses acteurs ».

Elle se caractérise par quatre fonctions majeures :

Ø  La maîtrise du patrimoine Scientifique et Technique,
Ø  La détection des menaces et des opportunités,
Ø  L'élaboration des stratégies d'influence au service de l'entreprise,
Ø  La mise en œuvre de pratiques d'influence.

Elle constitue un outil d'interprétation permanente :
Ø  De la réalité des marchés,
Ø  De l'environnement de l'entreprise,
Ø  Des techniques et technologies,
Ø  Des modes et courants de pensée des concurrents et des partenaires de l'entreprise,
Ø  De leur intention et de leurs capacités à les mettre en œuvre.

Cependant, l'intelligence économique puise son énergie de la Veille Stratégique.


L'INTELLIGENCE ECONOMIQUE : UNE NOUVELLE ORIENTATION

Système nerveux de l'entreprise, les systèmes d'information se positionnent de plus en plus comme l'élément central des stratégies des organisations. En tentant d'améliorer la compétitivité de l'entreprise, ils redessinent l'organisation de l'entreprise en optimisant les processus. Nous vivons une période de transition où l'ensemble des échanges économiques et culturels va peu à peu être transféré au sein d'une infrastructure d'information globale, où les organisations seront constituées de systèmes complexes et temporaires d'interactions entre différentes technologies de l'information. Les systèmes d'information représentent donc un facteur de création de valeur pour l'entreprise.

Dans ce cadre précis, l'intelligence de l'entreprise est apparue comme un sujet nécessaire à traiter puisque souvent modélisée par l'intelligence artificielle, pour en dégager un outil BIS, (Business Intelligence System), indispensable à la prise de décision et aussi au concept de l'intelligence décisionnelle.

Formuler le thème de l'intelligence de l'entreprise reste encore une démarche délicate. En effet, le sujet souffre toujours d'une image négative, sur laquelle viennent se greffer des relents d'espionnage et de méthodes illicites. Malgré les nombreux ouvrages qui tentent de banaliser le concept, parler d'intelligence d'entreprise reste tabou, et faire témoigner les entreprises qui la pratiquent s'avère toujours difficile, sinon impossible.




REFERENCES  BIBLIOGRAPHIQUES


BLOOMSBURY, Publishing Plc. (2002). Business, The Ultimate Resource. London Press.
BOURNOIS, F. (1999/2000). Intelligence économique et stratégique dans les entreprises françaises - Editions Economica.
DORNER, D. (1996). The Logic of Failure. Editions Perseus Books.
FRANCART, L., (2002), Infosphère et Intelligence Stratégique. Ed. Economica – Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale.
KHADIGE C., (2008) – L'intelligence d'entreprise : vers une catégorisation intelligente des entreprises – Thèse Doctorale – Université Paul CEZANNE – Aix Marseille III -
MAYERS, J.D. (1999). People Management Review. October 1999.
OLERON, P., (1994). L'Intelligence. PUF.  
ROGERS, P., BLENKO, M. (2006). Who has the D?  Harvard Business Review – January
SAUVIAT, C. (2002). L'entreprise et la nouvelle économie. Ellipse.  
STEWART, A.T. (2006). Did you ever have to make up your mind? Harvard Business Review – January 2006.





257Source : Citation du Rapport Martre.
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