samedi 26 septembre 2015

58 - INTELLIGENCE COLLECTIVE ET GESTION DES RISQUES DANS L'ENTREPRISE

Par Clark G. KHADIGE, dba, desg
(JCB 1934 – 2012)

ABSTRAITS
La gestion des risques est une activité dans l’entreprise qui devient « classique » et habituelle. Cela n’empêche pas qu’une grande attention doit lui être portée car les conséquences d’une inattention peuvent conduire à des situations désastreuses, si elles ne sont pas catastrophiques.
L’objectif de cet article est de comprendre ce qu’est un risque et vers quoi cela peut entrainer une entreprise. Pour cela, l’article en proposera une catégorisation, (sans réellement l’être) afin de comprendre les dimensions diverses dans lesquelles un risque pourrait être prévu, bloqué et résolu à  la fois.
D’un autre côté quelle serait la part d’action de l’Intelligence et de l’Intelligence Collective en particulier.
MOTS-CLÉS
Entreprise – Risque – Intelligence – Etat – Dimension - Impact


Gérer une entreprise et l’orienter vers un développement continu grâce à ses interactions dans les divers marchés qu’elle se propose de conquérir, où elle compte s’implanter ou se renforcer, n’a jamais été chose aisée. Beaucoup d’ouvrages et d’articles le prouvent et mettent surtout en relief les défis et les dangers  confrontés quotidiennement.

Il existe une foule d’obstacles et la prise de décision est souvent liée a plusieurs facteurs et critères dont :

Les différents risques à prendre,
Les obstacles sociaux,
La législation en vigueur,
Les conditions économiques locales et mondiales,
Les systèmes économiques locaux et mondiaux en cours,
La globalisation des marchés dans son ensemble,
La situation politique et économique interne,
Les relations internationales,
Les caractéristiques personnelles des individus consommateurs ou utilisateurs de produits,
L’attachement aux marques.
La représentation psychologique personnelle des produits et des marques respectivement en tant que style de vie ou de qualité de vie,
Les coutumes, traditions et habitudes,
Etc.

Mais ce qui nous intéresse dans cet article, est « le risque ». Certes, quand on parle de risques, on a toujours tendance à penser risques financiers. Situation normale quand on pense aux sommes investies dans la recherche, dans l’industrie et dans le développement autant individuel que collectif, aux différents niveaux de ce que l’on a appelé la « micro » ou la « macro » situation économique.

Un risque est surtout basé sur une « supposition » que quelque chose est vrai, (dû à l’habitude de faire quand l’attention est remplacée par la routine) mais surtout ce que nous appelons certitude, incertitude et acertitude que nous avions développé dans notre dernier article Intelligence Collective et complexité. Dans ces trois critères, la réalité du risque pourrait être basé sur une :

Certitude : le risque est minime, parce qu’on se base sur du « vrai et de l’expérimenté ». La déroute viendrait alors de facteurs nouveaux, inconsidérés auparavant ou qui n’existaient pas, intervenant à l’improviste. Rien n’est donc véritablement « sûr ».

Incertitude : le risque est grand car on agit sans vraiment connaitre certaines réalités, certains faits ou certaines tendances. Si la réflexion et l’action dans ce cas pourraient être qualifiées d’intelligentes, l’incertitude, elle, n’est pas une forme d’intelligence, car elle est un fait. Bien sûr, le succès, ou la réussite, de l’entreprise tient beaucoup à son Intelligence, à son expérience et à sa connaissance des clés dominantes, ou prédominantes, acteurs actifs dans la complexité des interactions. Mais l’échec, souvent cuisant, aux conséquences parfois frôlant la catastrophe, est la résultante d’un manque d’informations stratégiques et de connaissances mises à jour, ou de connaissances tout simplement.

L’incertitude porte autant sur des caractéristiques objectives que sur celle dites subjectives car, d’un côté elle se base sur des faits déjà rencontrés et, d’un autre, sur une perception personnelle qui, souvent, n’a aucun fondement scientifique. Dans ce dernier cas, l’intuition pourrait être bénéfique mais pourrait aussi faire apparaitre un aspect faux ou déformé des choses.

Ainsi le tâtonnement pourrait être considéré comme un avancement dans l’incertitude.

Acertitude : avancer sur un terrain « inconnu » où chaque pas, chaque observation, chaque découverte, etc., marque un point positif, ou négatif il faut aussi le dire, dans le fait « d’essayer »  et de « courir sa chance ».

Quel que soit le cas, on parlera souvent de risques « calculés », parce que l’on se doit d’agir en tentant, malgré tout, de minimiser les dégâts en cas d’échec. Certes, il est quand même important de souligner que la chance, ou la malchance, a aussi son rôle à jouer.

Beaucoup d’auteurs sur les théories économiques considèrent que toute entreprise réagit à, ou conçoit, des stimuli et que son positionnement conséquent, issu de son activité professionnelle (ou autre), est une variable permettant autant de comprendre un succès, une croissance, une régression ou un échec.

Ainsi, l’intégration de la gestion des risques en entreprise est un processus qui ne s’inscrit plus dans un long terme, mais qui est devenu quelque chose de « normal » ou de « quasi habituel »,  car les entreprises se dotent d’une intelligence et d’une infrastructure de penser et de réfléchir autour de compétences professionnelles relatives à la gestion des connaissances et de ce qui en découle.

Les obstacles sont donc nombreux dans une intégration de l’entreprise dans un marché nouveau, ou dans un marché dont la vitesse de croissance et de changement, sinon de bouleversement, est grande ou constante, ce qui représente un danger grandissant pour les « nouveaux entrants » comme le dit si bien Michael PORTER.

Le développement socio-économique des marchés implique souvent une comparaison faite par les entreprises avec ce qu’elles ont déjà appris et fait, sinon réalisé dans des situations plus, ou moins, difficiles. L’analyse et la réflexion constante autour de leur cheminement, devrait leur permettre, dans la majorité des cas ou des situations, de sortir avec le maximum d’avantages et des désavantages minimisés. Nous avions déjà développé ce point dans notre article « L’entreprise Intelligente ».

La compétence professionnelle d’intégration « économique » est liée à une forte compréhension des différentes interactivités existantes au sein des facteurs et des acteurs d’un marché. Ce fait permet, dans beaucoup de cas, de prendre les risques nécessaires pour « être une partie intégrale » dans le jeu des acteurs et dans celui des enjeux économiques. Par contre, dans le cas de la certitude des données, les compétences et les différents niveaux de performance déjà atteints ne sont plus des prérequis, puisque souvent elles représentent un état de fait.

Il faut donc considérer un état de risque permanent.

Etat de risques

Etudier l’existence des risques est vital, sinon crucial, pour qu’une entreprise se maintienne dans un monde où la « survie économique » est la seule règle prédominante.

Il s’agit, cependant, de les identifier, de les définir et, en quelque sorte, de les catégoriser afin de mieux les gérer et d’en faire des atouts plutôt que des contraintes. L’Intelligence du Marketing a, ici, un rôle important à jouer.

On pourrait donc caractériser différentes situations de risques :

Celle liée au consommateur : acceptation ou rejet de ce qui est proposé de nouveau en termes de produits, de marques et d’habitudes à prendre. Il existe un réel attachement de l’individu aux produits et aux marques qu’il « fréquente » et le faire changer d’avis repose d’abord, et avant toute autre considération, sur le fait que « le nouveau » doit apporter « une valeur nouvelle » dont cet individu profitera. Il a été souvent dit, dans différents articles publiés, et dans des ouvrages traitant autant du marketing que du comportement d’achat, que « tant qu’un consommateur reste étonné et surpris agréablement par un produit, ou une marque, il reste attaché à l’entreprise ». C’est ce que l’on a surnommé le « capital consommateur » des entreprises.

Le risque négatif réside dans l’obsolescence de la valeur ajoutée, quand elle rejoint la valeur perçue qui n’a plus de sens, la valeur attendue qui ne signifie aussi plus rien et la valeur substituée qui fatigue car non conforme aux critères de satisfaction du consommateur.

Celle liée au marché : Un marché représente malgré tout, une source de problèmes incessants car il demeure instable « dans son attachement aux entreprises ». Le marché est capricieux, d’humeur changeante et reste « une maitresse difficile à entretenir ». L’entreprise doit donc constamment déployer des efforts de charme et de séduction à travers ses produits, ses marques et ses relations d’attention dans les habitudes et conditions de vie que cela impose. Nous rappellerons ce que nous avions dit, dans un de nos articles précédents « un consommateur s’il vit bien, veut constamment vivre mieux et atteindre le meilleur des conditions de vie, jusqu’à ce que ce dernier point ne redevienne, à son tour, le bien. Et le processus recommence instaurant ainsi un changement évolutif incessant dans les styles et qualité de vie recherchés ».

L’entreprise doit donc jouer d’imagination et de créativité dans l’innovation des conditions de vie qu’elle voudrait introduire et maintenir. Elle va prendre donc le risque de tout bouleverser, de renverser les tendances en introduisant un nouveau concept effectif : « la facilité de vie et l’envie de vivre différemment ». Arme, il est vrai, à double tranchant si l’entreprise ne « relâche pas les rennes du leadership innovatif ».

Celle liée à la concurrence : La concurrence représente, et restera, le danger permanent et le premier « ennemi » à combattre. Dans ce conflit, souvent sans scrupules, ce n’est pas celui qui a le souffle le plus long qui gagne, mais bien celui qui sait comment anticiper les véritables attentes des consommateurs, des entreprises concurrentes ou non et du marché en général, et préparer la réponse, ou la riposte, adéquate. Le risque d’introduire le changement et l’innovation, autant que le changement et l’évolution  dans l’innovation, est grand, parce qu’il est difficile d’anticiper le comportement positif ou négatif d’un ensemble d’acteurs dont, malgré toutes les recherches et les connaissances acquises, on ne connait pas les réactions impulsives, irréfléchies, violentes parfois ou spontanées.

La concurrence, d’un autre point de vue, ne va pas rester les bras croisés et se contenter d’applaudir. Elle va donc tenter de rivaliser en créativité et en innovation, elle aussi. Ses sources de « réflexion stratégique de réaction, en premier temps, et d’action en second » incluront, bien entendu, la réflexion autour de l’esprit créatif de l’entreprise leader. On en reviendra, peut-être, à la stratégie des niches, où la concurrence considérés sans importance par l’entreprise leader ». Rechercher donc le grain de sable….. Là, aussi, l’adage « se reposer sur ses lauriers » se réalise.

Le risque premier encouru par l’entreprise leader réside principalement dans le relâchement de la pression du changement à introduire. Ne pas faire quelque chose, est souvent offrir l’occasion aux autres de le faire.

Celle liée a la législation en cours : Si les lois sont créées et votées dans l’intérêt général, elles consistent surtout à protéger les uns des autres et les autres contre les uns. Elles permettent et favorisent le développement, l’innovation, le changement et la croissance dans une certaine « moralité (souvent immorale ou amorale) » économique et sociale. Elles discutent et « négocient » le bouleversement car il apporte souvent un déséquilibre socio-économique faible ou important suivant les dimensions dans lesquelles il se crée.

Il y a donc risque à tout. Mais si le risque « légal » existe et est toléré dans certains cas, il entre souvent, et trop souvent même, en conflit avec les intérêts des entreprises. La question de « contourner » les lois, sans s’y opposer ouvertement, est ouverte. Mais comment faire ? Le jeu du « faire passer inaperçu » n’est-il pas sans risques ? Nous nous referons, ici, à l‘affaire Volkswagen qui a éclaté au grand jour et mis en évidence la tentative de concurrence illégale.

En effet, le problème de la pollution, et celle des voitures en particulier, fait la une des journaux depuis de nombreux mois. Réduire la pollution des moteurs des véhicules de transport, est un domaine de recherche existant dans toutes les industries automobiles. Rien, encore, n’y a pu être réellement accompli dans la lutte pour la protection autant des individus que de l’environnement. Volkswagen a donc imaginé un moyen pour « cacher » le taux de pollution de ses moteurs en introduisant un logiciel menteur de résultats. En conséquence, onze millions de véhicules circulent aujourd’hui avec une pollution non contrôlée.

Une question reste ouverte : « dans quelle mesure, ou mesures, le risque peut-il influencer la création de lois et influer sur celles existantes » ?

Catégorisation possible des risques

« Le risque est une composante centrale des sociétés industrielles modernes qui en ont organisé la prise en charge à travers une série de dispositifs complexes. Les questions environnementales font émerger de nouveaux risques dits modernes parce qu’ils échappent à ces dispositifs d’évaluation et de gestion. A côté d’attitudes de déni de ces risques on voit apparaître des dynamiques qui sont vues comme des dispositifs de capture des peurs qui ont pour effet de donner une emprise forte à ceux qui peuvent mettre en place des dispositifs de contrôle, qui peuvent détruire les collectifs organisés autour de pratiques vivantes ».

Les entreprises des XXe et XXIe siècles sont des entreprises pour lesquelles le risque est quelque chose de « normal ». Elles s’organisent donc, si l’on peut dire, autour de cette gestion nouvelle car le risque reste une réalité sociale. Il faut ajouter un point important, qui parfois parait anodin, c’est que tout développement, toute innovation amène avec lui (ou elle) des risques nouveaux dont les conséquences positives ou négatives restent à déterminer suivant une « convention qui lie des collectifs… et selon des rapports sociaux  ».

 Il pourrait donc exister, à la limite, une société à risques et pas seulement une société de risques, tout autant qu’une société du risque comme le laissent entendre certains sociologues dont BECK (1986)   qui considère qu’un certain nombre de menaces nouvelles apparaissent constamment. Il n’est pas étonnant de voir ces menaces émerger au fil du temps et de l’évolution. Elles sont inattendues, imprévues et surprenantes pour reprendre l’expression de Mormont.

Pour comprendre la dimension individuelle des risques, il serait bon de les identifier et, dans une certaine mesure, les catégoriser. Nous nous proposons, dans ce paragraphe, d’en présenter un certain nombre dans un ordre alphabétique, car il serait trop « risqué » de les classifier par ordre d’importance. Ceci serait, d’autre part, difficile à réaliser car l’importance et le danger d’un risque dépend surtout de la situation, de la dimension, ou de l’espace, dans lequel il est présent et des facteurs concourants.


Types de risques :

Risques liés à la communication : déformation de l’information, diffusion incomplète, mauvaise interprétation, incompréhension des messages,
Risques liés au changement : réticence, résistance, refus, rejets de propositions,
Risques liés à l’environnement : relief géographique, voies et moyens de communication, climat, proximité des villes et/ou des campagnes, manque d’espace,
Risques liés à la finance : financiers, manque de capitaux, crédits, remboursements, intérêts bancaires, faible rentabilité, investissements non rentables, pertes financières,
Risques liés au marché : concurrence, compétitivité, innovation, distribution, approvisionnement, écoulement,  implantation, location urbaine ou rurale, connaissances insuffisantes, partenaires sociaux faibles,
Risques liés à la production : temps, techniques, technologies, surplus, gaspillage, inaccessibilité aux ressources, étude des coûts et des  prix, synchronisation, matières brutes et matières premières de qualité variante,
Risques liés au produit : incompatibilité, fonctionnalité, durabilité, longévité, techniques et technologiques, complexité et complication, offres inintéressantes,
Risques liés aux projets : inhérents, adhérents, réalisation, retards,
Risques liés aux ressources humaines : absentéisme, incompétences, valeurs et croyances, intégration, motivation, formation et training insuffisants, comportement, attitudes positives et/ou négatives, caractères, perception et compréhension, malformation professionnelle, multilinguisme, pluralité des croyances politiques et/ou religieuses, coordination et coopération difficiles, cohésion,  culture, intraculture, interculture,
Risques liés au travail : coordination, coopération, synchronisation, difficultés des taches, équipement non conforme, vieux ou inadapté, manque d’espace,
Etc.


Intelligence, Intelligence Collective et risques

L’environnement interne est en constante relation avec l’environnement externe d’une entreprise, et les deux s’organisent autour des fonctions de management, quand elles sont suffisamment bien réfléchies. Ainsi :

La planification interne va servir de tremplin à la préparation d’une stratégie externe,
L’organisation interne va permettre d’identifier, de choisir et de mettre en place les éléments qui vont agir à l’extérieur,
La direction des opérations internes va construire les bases d’une approche stratégique externe,
Le contrôle va consolider et soutenir la transposition des forces internes dans l’environnement extérieur en s’assurant que tout, finalement, est prêt.

Dans cette préparation de transposition, il existe une Intelligence Collective qui va englober toute la synchronisation nécessaire à l’action. Mais, dans l’action elle-même, une Collectivité d’Intelligence va agir en considérant principalement : l’Intelligence Planificatrice, l’Intelligence Planificative, l’Intelligence Planifiante, l’Intelligence Organisatrice, l’Intelligence Organisative, l’Intelligence Organisante, l’Intelligence Directrice, l’Intelligence Directive, l’Intelligence Dirigeante, l’Intelligence de Contrôle.

Une fois de plus, nous remarquons que l’Intelligence Collective est aussi constituée d’une Collectivité d’Intelligences. Effet remarquable et nécessaire dans la conquête des marchés qui restent, comme nous l’avons vu, complexes et compliqués à la fois. Cette force d’Intelligences sera primordiale dans le calcul des risques à prendre, volontairement ou non.

« Sans intelligence collective, l’entreprise est incapable de gérer la complexité, ses acteurs centrés sur eux-mêmes et leurs objectifs personnels, n’étant pas motivés à œuvrer pour le bien commun et sa pérennité. Les implications de cette prise de conscience sont certes lourdes mais ses bénéfices infinis pour les organisations capables de réelles remises en question ».

Si le risque représente, pour les entreprises en action, un danger permanent, comme nous voudrions bien le croire, l’Intelligence Collective autant que les Collectivités d’Intelligence offriront les moyens essentiels pour y faire face, d’un côté, et pour en faire des atouts gagnants  dans l’implémentation des stratégies d’expansion, de développement et de conduite de changement dont les marchés pourraient avoir besoin.

Tout risque est ressenti subjectivement et réfléchi peu rationnellement puisqu’au fond c’est l’homme qui pense, qui conçoit l’action et qui gère. Dans sa manière de réfléchir, il est soumis à trois types d’impulsions :

L’émotion, agir avec enthousiasme, réagir avec colère ou énervement,
Le rationnel, tout doit être fonctionnel, utile et doit donner des résultats sans retards ni hésitations,
Le conditionnement social contraire « ne pas faire comme les autres, ne pas être comme les autres »,

Mais la perception de l’action et de ses aboutissements n’est pas aussi collective que ça. Dans une collectivité professionnelle, comme l’entreprise, chacun pense d’une manière différente, mêmes si des éléments de réflexion sont soit les mêmes soit se ressemblent. Ainsi, la perception collective d’une action ou d’une situation n’est pas aussi pertinente qu’elle pourrait le paraitre, puisque chacun peut « entrevoir » différents types de risques qui pourraient émerger à l’improviste. Ces types de risques sont basés sur des facteurs qui paraissent soit des avantages pour certains, soit des obstacles pour d’autres.

On réfléchit donc aux risques en fonction de son expérience personnelle, ou collective souvent,  et des connaissances acquises tout au long de l’observation de la concurrence. L’Intelligence Collective absente ou inconsciente  chez les autres, durant un moment précis ou dans une situation particulière,

« Le « Rapport 2014 sur le développement dans le monde » de la Banque Mondiale souligne combien les bouleversements de la planète sont porteurs de risques et constate que « la gestion des risques exige une prise de conscience collective ». Comme le souligne Jacques IGALENS, « la société civile a besoin de savoir comment évoluent les risques des organisations qui la constituent ». Les entreprises ont un rôle important à jouer dans l’identification et la réduction des risques émergents pour répondre aux attentes croissantes de sécurité globale ».

L’Intelligence du Risque serait-elle la nouvelle problématique pour l’entreprise ?


BIBLIOGRAPHIE


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BECK U. (2001, 1986) La société du risque. Sur la voie d'une autre modernité, Paris, Éditions Aubier ; édition originale : Risikogesellschaft, Francfort, Suhrkamp Verlag
Beck U. (1992), From Industrial Society to Risk Society: Questions of Survival, Social Structure and Ecological Enlightenment, Theory, Culture and Society, vol. 9
KHADIGE C. (2015) – Intelligence Collective et complexité – cgcjmk.blogspot.com - http://cgcjmk.blogspot.com/2015/07/intelligence-collective-et-complexite.html
KHADIGE C., (2011) -  Réflexions sur l’entreprise intelligente -
http://cgcjmk.blogspot.com/2011/01/reflexions-sur-lentreprise-intelligente.html
MORMONT M. (2015) - « Le sociologue dans l’action collective face au risque »,  - Développement durable et territoires -  http://developpementdurable.revues.org/8235
PECAUD D. (2005) Risques et précaution. L’interminable rationalisation du social, Paris : La Dispute, 314 p
RIP, A., MISA, Th. and SCHOT, J. (Eds.) (1995), Managing Technology in Society. The Approach of Constructive Technology Assessment, Pinter Publishers, London
STASSART P. et MORMONT M. (2008), « La recherche-intervention pour une transition vers le développement durable », Economie Rurale.
https://www.cairn.info/revue-questions-de-management-2013-3-p-57.htm
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